COMMENT ANALYSER LES POSTES COMPTABLES D’UNE ENTREPRISE ? [Partie II – Le compte de résultat]

L’utilité et la passion des chiffres

Il n’est pas si simple d’analyser les comptes (postes comptables du bilan et du compte de résultat) d’une entreprise ; une grande vigilence s’impose !
Après le Bilan – partie I, continuons si vous le voulez bien la chasse aux Loups 😈 disséminés dans certains postes du compte de résultat. Soyons honnêtes, ce n’est pas vraiment de tout repos !

L’analyse de postes comptables au niveau des produits d’exploitation


La vigilance est de mise concernant la production immobilisée [Poste FN – travaux réalisés par l’entreprise pour ses propres besoins] car elle gonfle les produits d’exploitation et peut masquer dans certains cas une baisse d’activité, une insuffisance de rentabilité voire des pertes. Action de l’analyste : Approfondir et juger de la pertinence et de la valeur de l’actif immobilisé. Si nécessaire, baisser cette production immobilisée dans le compte de résultat. L’impact négatif sera alors propagé à tous les niveaux EBE, REX et RN.
Une Production stockée [FM] significative et/ou en rupture avec les années précédentes est également un point à vérifier et approfondir. L’analyse du compte de résultat (valeur ajoutée, rentabilité) est effectivement perturbée sur 2 exercices par le stockage et déstockage des encours de production.


Les éventuelles sous-évaluations des loyers payés dans le poste FW et les rémunérations de direction anormalement basses pour les fonctions réellement exercées dans les postes FY et FZ sont à retraiter lorsque vous en avez connaissance. Questionner systématiquement sur ces deux points.
Action : réintégrer les écarts entre les montants des charges inscrites en comptabilité sur ces sujets et les frais considérés comme normatifs à savoir ; un niveau normal de rémunération pour le ou les dirigeants et des niveaux de loyer dits de marché [Postes concernés FW, FY et FZ].

L’analyse des amortissements et des provisions d’exploitation sur plusieurs exercices permet de constater ou non leur caractère normatif et récurrent.
Des amortissements non normatifs trop faibles illustrent une période de sous-investissement ponctuelle ou récurrente et nécessite un retraitement.
Action : Fixer à un niveau moyen et cohérent les dotations aux amortissements et provisions d’exploitation sur immobilisations et actifs circulants des derniers exercices [GA+GB+GC].

En espérant que ces postes endiablés ne vous fassent pas mal dormir en attendant la partie ci-dessous

-Au niveau des charges d’exploitation (suite)-
Les provisions pour risques et charges [GD] d’un montant significatif peuvent potentiellement avoir un effet négatif sur les liquidités de l’entreprise au bilan (point de rappel effet sur le bilan).
Action sur le compte de résultat : Annuler la partie non récurrente de ces provisions qui ont un caractère ponctuel ou exceptionnel. Dans le sens inverse, en cas de minimisation du montant des provisions sur le dernier exercice (Voir la moyenne sur longue période), augmenter les dotations aux provisions d’exploitation dans le compte de résultat du montant de l’écart constaté.

-Un contrôle et un retraitement (si besoin) indispensables-
Les reprises sur amortissements et provisions et hors transfert de charges [FP moins A1] ne peuvent pas durablement être supérieures aux dotations d’exploitation (GA+GB+GC+GD).
Action : Si c’est le cas sur le dernier exercice, il est primordial de retraiter le compte de résultat au niveau du REX et du RN pour obtenir une image plus normative des comptes.

-Résultat exceptionnel-
Le résultat exceptionnel [HI] n’est pas toujours exceptionnel notamment s’il concerne l’exploitation courante de l’entreprise ; par exemple, les ventes régulières de matériels de BTP qui obligent à remonter les charges et produits classés en charges exceptionnelles [HD et HH] dans les charges et produits d’exploitation [FR et GF]. Ceci modifie donc l’excédent brut d’exploitation (EBE) et le REX !

-Résultat net-
Pour finir avec un raisonnement normatif, le résultat net [HN = Bénéfice ou perte] doit être systématiquement retraité du résultat exceptionnel et de son incidence dans le calcul de l’Impôt Société. Ecriture illustrative : RN retraité normatif = RN comptable – Résultat exceptionnel bien comptabilisé + Incidence sur l’IS de ce dernier.

En espérant que ces postes délicats 😈 ne vous fassent dorénavant plus peur ?

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